REFORME ELECTORALE

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Le Remake 2000 souhaite qu’un projet de loi soit présenté à l’Assemblée nationale


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Lors de la conférence de presse du Remake 2000, samedi, sir Anerood Jugnauth et Paul Bérenger sont revenus sur la réforme électorale. La situation politique, le commerce allégué de cadavres, le scandale à l’ICTA et le financement des partis politiques ont aussi fait l’objet de leurs commentaires.


Abordant la réforme électorale Paul Bérenger a déclaré : « Nous sommes presque arrivés à l’unanimité sur la réforme électorale. Le Remake 2000 a proposé que le seuil minimal soit ramené à 7,5%. Nous ne la bloquerons pas, même si Navin Ramgoolam insiste pour aller de l’avant avec un seuil de 10 %. En revanche, si Navin Ramgoolam propose des choses pas raisonnables ou nous provoque pour que nous ne votions pas, ce serait bien triste. Il faut arriver à un compromis et réussir la réforme électorale », a-t-il ajouté. Il  salue qu’il y ait eu unanimité  pour une Party List prioritaire ainsi qu’une seconde liste en ordre alphabétique des candidats, qui remplacera le Best Loser en précisant que ces listes seront rendues publiques le jour du « Nomination Day ». « Cela favoriserait la transparence totale et la population saura ainsi les noms de tous les candidats », a-t-il précisé.  Paul Bérenger qui rappelle que le Remake 2000 a, respectivement, proposé 20 et 8 candidats à être élus, dit ne pas être bloqué sur cette question des nombres exacts à être déterminés. Il ne faut, en rien, dit-il, rater cette occasion d’une bonne réforme électorale. Il souligne le fait sans précédent qu’hormis cette question de nombres à être déterminés, le PTr, le MMM et le MSM sont tous d’accord sur l’ensemble des autres modalités de la réforme électorale. Le leader du MMM dit, ne voir surgir aucune difficulté pour que le projet aboutisse. D’où le souhait du Remake, dit-il, pour qu’un projet de loi soit présenté à l’Assemblée nationale.

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Commentant la position du PMSD, il a eu ceci à dire : «Le PMSD n’a pas réfléchi comme il le fallait aux propositions contenues dans le Livre blanc sur la réforme électorale. Je dis cela sans être méchant et de façon objective car le PMSD suggère l’utilisation du recensement de 2011 pour les besoins du BLS. Ce recensement de 2011 est un recensement portant sur les appartenances religieuses de la population et non un recensement en fonction des quatre communautés telles que définies dans la Constitution. Alors que, explique-t-il, le dernier recensement des communautés qui a servi, jusqu’ici, à la désignation des Best Losers remonte à 1972, le recensement selon les appartenances religieuses dont le dernier remonte à 2011 sert, lui, à déterminer les subventions de l’Etat qui revient à chacune des organisations religieuses.

 

Sir Anerood Jugnauth (SAJ), pour sa part, a affirmé qu’avec un peu de volonté, Navin Ramgoolam devrait trouver un moyen d’arriver à un consensus. Le Remake, a-t-il ajouté, déposera bientôt ses propositions quant à la réforme électorale au bureau du Premier ministre.

 

Le commerce de cadavres


Le Remake 2000 dénonce le rôle joué par les autorités. Paul Bérenger que sa prochaine Private Notice Question (PNQ) sera probablement sur cette affaire. Il juge  choquant  et  extrêmement triste  le transfert de cadavres d’anciens pensionnaires du Krishnanand Seva Ashram au SSR Medical College pour des études d’anatomie. « C’est un manque de respect envers les personnes âgées et c’est un viol des droits individuels», selon lui.

Cette affaire, a ajouté Paul Bérenger, ne touche pas que certaines maisons de retraite, mais les morgues des hôpitaux de l’État. « Ce n’est pas une coïncidence si le registre des cadavres ait disparu de l’hôpital de Candos et qu’un “attendant” ait consigné une déposition à la police. Il est clair qu’il y a eu non respect des règlements. C’est tout simplement révoltant », a-t-il ajouté.

Pour lui, c’est le ministère de la Santé qui est responsable dans cette affaire. « Pourtant il y a des “regulations” sur les cadavres quittant la morgue. Il est évident qu’il n’y a pas eu de surveillance et de “follow up”. Le ministère devra répondre dans cette affaire ». Idem pour le ministère de la Sécurité sociale. « On aimerait bien savoir comment ce scandale est passé sous le nez du “National protection of elderly monitoring committee”»se demande-t-il.

Pour SAJ : « Cette affaire gâche la réputation du pays. Que faisaient les autorités ? Dormaient-elles ou étaient-elles en syncope? Or, le gouvernement plaide l’innocence devant une affaire aussi flagrante. »

 

Situation politique

 

Le leader du Remake 2000 abordant la situation politique a dénoncé la malhonnêteté et l’hypocrisie des dirigeants du PTr qui font  l’impasse sur la période 82/95. SAJ a rappelé  que le professeur Michael Porter, qui était de passage à Maurice, a salué le  miracle économique  de l’île Maurice dans les années 80-90 et il s’est aussi référé  à l’ouvrage récemment publié qui retrace les 175 ans d’Histoire de la Mauritius Commercial Bank (MCB) où, dit-il, il est encore question du tournant économique décisif que le pays a vécu sous sa direction à la tête du pays. « Navin Ramgoolam prend le même chemin que son père en menant le pays à la faillite. S’il sera Premier ministre pour encore cinq ans, des milliers de Mauriciens mourront de faim. » SAJ a insisté aussi sur le fait que le Remake 2000 est  plus solide que jamais, malgré la  propagande du Parti travailliste (PTr) sur une éventuelle alliance rouge-mauve. Il s’est, par ailleurs, dit perplexe que Navin Ramgoolam organise à nouveau le meeting du 1ermai. «La dernière fois, il avait dit que le 1er mai c’était du tam tam et qu’il n’allait pas faire de meeting…sa lane la li pou fer tam tam Vacoas».

 

Scandale à l’ICTA


Paul Bérenger réclame une enquête sur ce qu’il appelle un  vaste scandale  à l’ICTA. Il dit  disposer de plusieurs documents  qui mettent en lumière un  vaste trafic d’influence évalué à plusieurs millions de roupies. « C’est un dossier très compliqué, où le ou les coupables ont mis en place une machine à sous. Alors que le management de l’ICTA était contre la fixation des “termination fee” pour les opérateurs d’appels internationaux à longue distance, le ministre de l’époque est allé de l’avant avec pour conséquence qu’un “fraud tracking mechanism” a dû être mis sur pied. Mais tout cela était calculé», selon lui. Il réclame la lumière sur toute cette affaire, qui a rendu le secteur moins compétitif.  Il propose un « full-fledged committee », présidé par un Senior Magistrate à la retraite. « . J’irai témoigner dans cette affaire et je déposerai tous les documents. Il faut savoir qui sont les coupables et ils doivent payer », a-t-il dit.

 

Financement des partis politiques

 

Répondant à une question de la presse sur l’argent que le MMM a reçu du groupe Appavou lors des dernières élections, SAJ a déclaré : « Je ne suis pas au courant, mais le financement des partis politiques venant du privé est quelque chose de commun. »

Et Paul Bérenger a ajouté : « Dans la plupart des démocraties, les partis obtiennent des financements publics. Or à Maurice, les partis n’en obtiennent pas. Et il n’y a aucune loi sur le financement venant du privé. Il faut venir avec un plan d’ensemble qui couvre ces deux aspects ».